Petit enfant assis tranquilement sur la plage

Tranquilité, calme, sérénité, beaucoup y aspirent sans réserve, et parfois sans réelle réflexion. Il faut dire que l’air du temps (et des gens comme moi) ont tendance à vous les vendre par wagons.

Si vous faites une recherche avec le mot « stress » sur mon blog, vous trouverez des dizaines d’articles. Qui visent bien sûr, avec créativité je l’espère, à vous aider à vous débarrasser du vôtre. (je vous en propose deux parmi eux, allez vous promener sur le blog vous en verrez d’autres: choix d’article 1; choix d’article 2

IL N’Y A PAS DE BON STRESS

Et je vous dis depuis toujours que le stress n’est pas bon pour la santé, qu’il n’y a pas de  « bon » stress (sauf en cas de danger vital, si par exemple vous êtes agressé), et qu’il y a bien des façons d’apprendre à le maîtriser.
Je n’ai pas changé d’avais (j’aurais pu). Je continue de penser que le stress présent au quotidien, devenu chronique, est délétère et inutile, pour des raisons que j’ai déjà largement exposées et que vous retrouverez dans de nombreux articles scientifiques.

LE DANGER DU MONDE DE LA TRANQUILLITÉ

En revanche, je vois poindre un danger à aspirer à une vie entièrement dépourvue de stress. D’aspirer au monde de la tranquillité. Danger double :

Le premier danger est celui d’une quête déraisonnable de sérénité, d’une exigence permanente de tranquillité, de calme intérieur. Cette exigence, évidemment, n’est jamais satisfaite, car nul ne peut être engagé dans la vie et ne jamais ressentir de danger ou de menaces pour son intégrité ou son identité.

De cette insatisfaction découle alors la frustration, peut-être la colère, la déception, et qui sait, une sorte de désespérance : « impossible de vivre sereinement, alors autant ne pas vivre ». L’absolutisme de l’aspiration la rend destructrice de bonheur, en détruisant tout d’abord la chose à laquelle elle aspire, à savoir la tranquillité elle-même. Il faut savoir vivre – de temps en temps- à l’inverse de ses valeurs pour pouvoir les préserver : accepter d’être intranquille parfois pour pouvoir être tranquille la plupart du temps.

Le second danger réside dans le biais cognitif et comportemental qu’induit cette quête de la tranquillité et qui vous pousse à ne faire que des choix qui vous garantissent (si seulement c’était possible) la tranquillité. Cela devient le critère principal, si pas exclusif, qui va motiver vos actions. Les actions qui peuvent assurer la tranquillité étant extrêmement limitées, la vie rétrécit d’autant. Regardez autour de vous (ou en vous) les personnes qui ne veulent rien faire de nouveau, rien changer à leur quotidien, rien envisager d’une peu hors (de leurs) normes, rien faire d’un peu risqué. Ce sont peut-être des personnes qui ont érigé la tranquillité d’esprit en valeur suprême. Quel effet vous fait leur vie?

PRENDRE DES RISQUES, C’EST LA VIE !

Mais alors, vous ne pouvez pas risquer de passer un examen, de déclarer votre amour, de postuler à un nouveau job, d’apprendre à monter à cheval, de découvrir une culture inconnue, de publier un article sur LinkedIn,… je vous laisse continuer la liste des choses qui peuvent à un certain moment de leur processus, créer un stress en vous, un stress justifié par le risque qu’elle représente.

Risque d’échec, risque de honte ou de ridicule, risque de douleur physique, risque de réputation, risque de perdre son confort matériel,…, pour chacun, ces risques seront perçus, évalués différemment. Mais ils sont réels, et la peur qui les accompagnent crée le stress tant redouté.  Il vient alors briser la tranquillité.

 Mais qui voudrait se priver du résultat potentiellement très agréable ou à tout le moins très positif de ces comportements risqués ? Car ce sont eux qui permettent d’avancer, de découvrir, de progresser, et surtout finalement de prendre un grand plaisir à la vie.

S’en priver, c’est se condamner à une vie morne, insipide, trop familière pour être plaisante. Il est prouvé que les plus belles choses de notre vie perdent de leur impact une fois que nous les connaissons bien, parce que nous allons mécaniquement leur porter moins d’attention. L’aspiration à la nouveauté est donc normale, c’est une aspiration au renouvellement du plaisir.

PAS DE DÉSIRS SANS STRESS

Le monde de la tranquillité, ennemi de la nouveauté, n’est donc pas un monde si désirable. Parce qu’il n’est pas désirant. C’est un monde à l’arrêt, sans vie. Je le vois comme un refuge, un peu comme ces voies de dégagement sur les petites routes. Un lieu de sécurité temporaire, dans lequel on peut se reposer et se recharger en énergie, mais dont il faut repartir assez vite.  Un monde où la vie est suspendue.

Parce que vivre nécessite de ressentir, par moment, du stress. Mais un stress bien évalué (c’est à cela que tendent la plupart des solutions de gestion du stress) et surtout limité dans le temps. Comme celui d’un oiseau poursuivi par un chat, qui retrouvera son rythme cardiaque dès qu’il lui aura échappé en s’envolant.

Le stress est lié au désir, et au risque de ne pas réussir à le satisfaire, ou à en perdre l’objet après l’avoir obtenu (j’ai eu ce job mais je risque de me faire virer si je n’assure pas au maximum, ma femme est amoureuse de moi mais il y a des tas d’hommes très séduisants autour d’elle…).
Or on ne peut pas éliminer les désirs, même si on peut éventuellement les endormir. Et les endormir, c’est vivre dans ce monde de la tranquillité où l’on ne participe pas vraiment à la vie.

En conclusion, le stress n’est pas une bonne chose en soi, il est la conséquence, et le signe, de notre quête de bonheur. Son existence est à accepter pour vivre pleinement, mais pas à valoriser comme un allié. Apprendre à le maîtriser reste une bonne idée, s’en débarrasser complètement est une utopie délétère.

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