Faire un vœu, c’est « vouloir », n’est-ce pas ?
Vouloir du bon pour soi ou pour les autres.

Si je ne suis pas une adepte des « bonnes résolutions », j’aime assez l’idée qu’on se mette à vouloir de toutes nos forces pour l’année qui vient de commencer.

Mais vouloir quoi, vouloir comment ?

D’après Sartre, « la liberté, ce n’est pas de pouvoir ce que l’on veut, mais de vouloir ce que l’on peut ».

Cesser de vouloir l’impossible et délibérément vouloir ce qui est à notre portée. Cela peut sembler peu ambitieux.

Mais ma lecture c’est que, faute de baguette magique, continuer à soupirer après des choses qui n’arriveront jamais (si seulement mon mari pouvait changer, si seulement je n’étais pas obligé de gagner ma vie, si seulement j’avais eu un enfant de plus, si seulement j’avais fait des études d’ingénieur, si seulement c’était plus facile de …) et continuer à vivre mentalement dans ce monde fictif, c’est se condamner à l’échec et à la frustration.

Concentrer son attention sur des choses qui n’auront pas lieu détourne très sûrement notre énergie de ce qui pourrait avoir lieu. Et nous impose donc l’immobilisme, doublé d’une sorte de nostalgie d’un monde qui n’a jamais existé. Le programme n’est pas très enthousiasmant !

A l’inverse, vouloir ce que l’on peut, c’est choisir dans le monde réel un objectif atteignable (rien n’empêche qu’il soit très ambitieux). C’est s’autoriser à se mettre en mouvement, à avoir un impact sur les choses – puisque nous sommes dans le monde du possible (Je vous rappelle que « possible » et « pouvoir » on la même origine).

Vouloir ce que l’on peut, c’est se donner la liberté justement, c’est s’affranchir des contraintes extérieures en les acceptant comme une donnée invariante. Si je ne peux pas changer les autres (par exemple), en l’acceptant je me donne la liberté de décider de prendre mon parti de ce qu’ils sont et de ne plus souffrir de leurs comportements, ou de changer moi-même, ou encore de ne plus les fréquenter.

Je ne subis plus.

Évidemment cela demande le courage de renoncer non pas à nos rêves, mais à nos faiblesses intellectuelles. Car au fond chacun de nous sait ce qui est possible, mais il est plus facile de négliger la réalité et de vivre dans un monde dans lequel les choses se plieraient d’elles-mêmes à nos exigences.

Alors pour 2026 et toutes les années à venir, je vous propose de faire l’inventaire de vos voeux chimériques et de leur dire adieu avec force. A la place, listez tout ce que vous pouvez entreprendre, choisissez autant d’actions que vous le souhaitez et soyez déterminé à les entreprendre.

Lancez-vous dans un avenir possible et jouissez de votre pouvoir sur votre vie !

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