J’ai évoqué dans mon article précédent https://www.paulinecharneau.com/relations-de-meilleure-qualite/ l’importance de la vulnérabilité assumée et partagée pour établir des relations de qualité. J’aimerais préciser ici quelques points sur le sujet, et en particulier sur la vulnérabilité du leader en entreprise.

Précisons d’abord la signification du mot « vulnérabilité » :

Être vulnérable, c’est pouvoir être blessé, mentalement ou physiquement. C’est-à-dire tout simplement être un organisme vivant exposé aux dangers, le plus grand et l’ultime étant la mort. La mort peut être symbolique : perdre un amour, un statut social, de l’argent, sa réputation, sa notoriété, sa raison d’être, toutes choses perçues comme essentielles à l’existence, confine à la mort. Mon père, qui était diplomate, parlait de sa mort administrative en évoquant sa retraite.

La vulnérabilité, dans nos sociétés, c’est donc principalement le risque de perdre quelque chose. Ce n’est d’ailleurs pas en cherchant constamment à se protéger de ce risque que nous y parvenons, bien au contraire. Par un phénomène bien connu, nous nous comportons alors inconsciemment de telle façon que nous créons ce que nous redoutons le plus. Mais c’est une autre histoire.

Ce dont nous sommes sûrs, c’est que tout le monde est vulnérable. Mais certains pensent utile de le cacher, pour plusieurs raisons :

  • Le cacher aux autres, c’est d’abord le cacher à soi-même, et se persuader que rien ne peut nous blesser donne – un temps – une force extraordinaire. A moins que nous ne soyons encore plus forts quand nous avons la certitude que nous pourrons nous remettre de nos blessures ? Cela ne nous permet-il pas d’oser nous exposer au risque, et ainsi d’augmenter nos chances de réussite ?
  • Se dire invulnérable, c’est aussi envoyer un message rassurant à son entourage : je suis un roc, rien ne m’atteint, donc je serai toujours là pour vous. Ça peut fonctionner, jusqu’au jour ou l’invulnérable est tout de même blessé, et dégringole pour toujours dans l’estime d’autrui, non parce qu’il a montré une faiblesse, mais parce qu’il n’a pas tenu sa promesse.
  • Se montrer invulnérable, c’est enfin une sorte de menace pour autrui :  « n’essaie même pas de m’attaquer, tu ne m’atteindras jamais ». Mais alors, si je ne peux jamais t’atteindre, comment communiquer avec toi ? Comment oser dévoiler ma propre vulnérabilité ? Comment savoir si tu pourras l’accueillir comme je le souhaite ? Comment avoir confiance en toi ?

Êtes-vous en train de vous dire que, tout de même, de temps en temps, il est bon de faire croire à l’adversaire que l’on est invulnérable ?  Peut-être, ponctuellement, mais j’avoue que j’ai du mal à trouver un exemple. Je ne suis pas stratège militaire, mais il me semble que même dans des guerres très déséquilibrées où l’invulnérabilité d’un des deux belligérants semble évidente, le plus vulnérable peut gagner – ou en tout cas ne pas perdre, car qui gagne à une guerre meurtrière ?

Si nous revenons à nos réalités plus quotidiennes, certains leaders peuvent être tentés de se croire ou dire invulnérable, pour les raisons que nous avons vues plus haut.

Or même en entreprise, la vulnérabilité a démontré son utilité. Nous le ressentons de façon empirique, et de nombreuses études l’ont démontré.[1]

La vulnérabilité est un outil puissant de connexion, de transformation et de leadership authentique. La capacité à se montrer transparent, ouvert à l’émotion et au risque relationnel est issue d’un choix intentionnel : celui d’abandonner le masque de l’omniscience pour créer un lien plus profond avec les collaborateurs.

Ainsi, dans un paradoxe apparent seulement, c’est la vulnérabilité, et non l’invincibilité, qui permet à la confiance de s’installer et aux collaborateurs de s’engager aux côtés d’un leader fiable et inspirant.
De plus, la communication et la qualité relationnelle, clés d’une vraie collaboration, permettent d’éviter les jeux de pouvoirs inutiles ou contre-productifs.

Bien sûr, pour le leader comme pour chacun, s’exposer ainsi demande du courage. Avant tout celui de surmonter sa peur du rejet, de la critique, voire de l’échec. Car n’oublions pas que le courage, ce n’est pas de ne pas avoir peur. C’est d’y aller malgré la peur.
Pour cela, il faut au leader apprendre à mieux se connaître et soigner les parties de lui qu’il craint d’exposer.

Et ce courage, visible et admirable, renforce encore l’adhésion et l’engagement des équipes et donne le ton à toute l’entreprise.

La vulnérabilité, ultime preuve de courage ?

Si vous sentez que vous pourriez être un de ces leaders et que vous avez besoin d’être accompagné dans votre transformation, prenez rendez-vous avec moi et nous mettrons en place un plan d’action efficace !

Très bonne semaine!


[1] Voir en particulier l’article de Stephanie O.Lopez « Vulnerability in Leadership: The Power of the Courage to Descend », qui passe en revue le littérature sur le sujet

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