Si vous faites partie des gens qui ont tendance à se retourner sur leur passé pour l’évaluer, et souvent, ce-faisant, regretter certains comportements ou des occasions manquées, je vous propose la grille de re-lecture suivante. (Elle vous permettra aussi d’envisager désormais le présent et l’avenir différemment).
Il y a trois questions fondamentales à se poser :
- Y ai-je mis tout mon coeur ?
Me suis-je engagé dans cette voie sincèrement ou avais-je dès l’origine quelques réticences ? Ai-je été complètement honnête avec moi-même, mes motivations étaient-elles claires et en ligne avec mes valeurs ? La chose avait-elle pour moi l’importance que je prétends, ou finalement m’en suis-je détourné peu à peu par manque d’intérêt ? Toutes les réponses sont légitimes et acceptables, elles vous permettront simplement d’examiner cette période ou cette action à travers le bon prisme, et de ne pas tirer de conclusion incorrecte du résultat.
Il est fréquent de se lancer dans une entreprise en n’y croyant qu’à moitié, voire pas du tout. Et pourquoi pas ? Chacun de nos actes ne doit pas nécessairement répondre à un appel impérieux de notre intuition.
En revanche, si le résultat est peu satisfaisant, le défaut d’engagement profond y est sans doute pour quelque chose, ce qui ne dit pas grand-chose de nos capacités. Il est donc sans doute inutile de conclure que « ce n’est pas pour nous » ou au contraire que nous sommes très doués à cette chose. Le résultat semble plus le fruit du hasard que de votre enthousiasme ou de votre conviction.
- Ai-je fait tous les efforts possibles ?
Ai-je sincèrement mis toutes les chances de mon côté en travaillant dur, en faisant un effort de communication, en étant attentif aux signaux de l’environnement, en y mettant toute l’énergie et toute la persévérance dont je suis capable ? Ai-je persisté dans mes efforts le temps qu’il fallait, fait les sacrifices à faire? Ai-je dépassé mes peurs, fait preuve de courage ?
Bien sûr il y aura eu des moments de découragement, de faiblesse, de retrait. Mais globalement, aurais-je pu faire plus d’efforts ? Ici aussi, rien n’indique a priori qu’il aurait fallu le faire. Peut-être avez-vous « arrêté les frais » à temps, ce qui est une compétence utile et rare.
D’autres fois, ne pas être allé absolument jusqu’au bout de ses possibilités empêche de conclure et de juger la situation. Et cela fait partie du cheminement et ne mérite aucun blâme. Juste le reconnaître pour savoir où on en est.
- Et enfin, qu’ai-je appris ?
Quel que soit le résultat, qu’il penche plutôt vers le succès ou vers l’échec, qu’en ai-je appris ? Me suis-je ouvert à de nouvelles connaissances, de nouvelles façons de penser ? Ai-je accepté de remettre en cause mes anciennes croyances, aussi résistantes qu’elles soient ? Me suis-je ouvert à de nouveaux concepts, de nouvelles façons de faire? Me suis-je frotté à des cultures différentes, à des personnalités inhabituelles pour moi? Ai-je en bref élargi mes perspectives et mes capacités ?

Si vous projetez la lumière de ces 3 questions sur votre vie, cela vous permettra d’en apprendre plus sur vous, sur les moments où votre intuition vous porte, où vous savez fournir l’ultime effort qui vous permettra de vaincre (y compris contre vous-même) et vous découvrirez aussi sans doute à quel point vous avez fourni d’efforts, justement, et comme vous avez cru sincèrement à vos entreprises, et comme vos échecs étaient sans doute inévitables. Et vous pourrez, c’est le plus important je crois, mesurer vos capacités d’apprentissage, vous en féliciter ou au contraire décider de les accroître. Car comme nous n’avons qu’une vie (je le crois du moins), s’améliorer en chemin est la seule chose que nous pouvons réellement espérer, et exiger de nous-mêmes.
Nous naissons déjà riches de tous les apprentissages partagés par notre groupe humain, mais seule l’expérience de vie peut nous rendre apte à les intégrer avec efficacité. Et cette expérience semble inévitablement passer par l’échec et une certaine dose de souffrance, compagnons de route indéfectibles de nos progrès. À moi il semble que seul l’apprentissage et la progression en tout rendent ces difficultés acceptables. Et que le jugement a assez peu sa place ici.
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